Finances 2026 : transparence et pédagogie au cœur de la réunion publique de Saint-Just

Jeudi 21 mai, la municipalité de Saint-Just a organisé une réunion publique dédiée aux finances locales.

Objectif : expliquer simplement un budget communal, présenter les enjeux et les choix pour 2026, et échanger avec les habitants dans un souci de transparence.

Un temps d’échange pour mieux comprendre le budget communal

Dans une salle attentive, élus et habitants ont partagé un temps d’explication approfondi autour du budget communal.

Après une introduction par Yves Quesada, maire de Saint-Just, Souhila Colomines, adjointe au maire déléguée aux Finances et aux Ressources humaines, a rappelé l’esprit de la démarche dès l’ouverture de la réunion : «On a voulu cette réunion pour être totalement transparents avec la population. C’est vrai que c’est un sujet qui questionne, qui est technique et qui n’est pas forcément accessible à tous».

Elle a précisé l’objectif central de la soirée : «Ce qu’on veut, c’est être pédagogues dans notre démarche : expliquer les choix qui ont été faits. Parce qu’un budget ce sont des choix, mais également des contraintes que l’on subit et que toutes les collectivités de France vivent».

Au-delà de l’information, la municipalité a souhaité instaurer un véritable dialogue avec les habitants : «L’idée, c’est aussi de réfléchir tous ensemble, avoir une réflexion commune».

La soirée a ainsi débuté par un temps pédagogique consacré aux grands principes des finances publiques locales : cadre réglementaire strict, séparation des sections de fonctionnement et d’investissement, ou encore équilibre budgétaire.

D’où vient l’argent ? Une dépendance aux recettes fiscales

La présentation a permis de détailler l’origine des recettes communales pour 2026, avec des recettes de fonctionnement (3,39 M€) reposant principalement sur la fiscalité locale et les dotations provenant de Lunel Agglo, de l’État, ainsi que des partenaires comme la CAF qui finance les services publics dédiés aux enfants :

  • 50 % de fiscalité locale (taxe foncière et taxe d’habitation sur les résidences secondaires) ;
  • 17 % de dotations de l’État (DGF) ;
  • 17 % de subventions et autres dotations ;
  • 8,5 % de produits des services publics (redevances crèche, écoles, loyers générés par les bâtiments communaux etc.).

« C’est important de dégager un autofinancement positif pour pouvoir investir », a rappelé l’élue à cette occasion, avant de souligner qu’à Saint-Just la pression fiscale est plus faible qu’ailleurs et d’insister sur la faiblesse des leviers d’action possibles.

« Cette année nous avons décidé de ne pas lever d’emprunt parce que nous n’avons pas de travaux structurants. Cela aurait été une réponse facile et rapide. Mais nous considérons que ce n’est pas responsable de lever de l’emprunt pour des projets non structurants. D’où la nécessité de jouer sur de l’autofinancement. »

Un point de tension a été souligné à cette occasion : une baisse des dotations de l’État entre 2025 et 2026, rendant l’équilibre plus fragile.

Où va l’argent ? Des dépenses consacrées des services publics

Côté dépenses, le budget communal est largement mobilisé pour privilégier les services publics du quotidien assurés pour les Saint-Justois.

Les dépenses de fonctionnement atteignent 3,19 M€, avec une répartition marquée    par :

  • 60,3 % consacrés aux charges de personnel ;
  • 26,5 % aux dépenses courantes ;
  • des dépenses contraintes (subventions, participation au SDIS, intérêts de la dette).

Souhila Colomines a rappelé concrètement ce que cela recouvre : « Les charges de personnel c’est certes la plus grosse part du camembert, mais il faut comparer ce qui est comparable. Nous avons les services publics qui suivent derrière : une crèche, une bibliothèque municipale, un club ados… 60 % c’est un chiffre qui n’est pas choquant pour les services publics que l’on offre à Saint-Just ».  

L’élue Finances n’a pas manqué de rappeler à cette occasion des choix politiques assumés, à l’image de l’augmentation du temps de travail de la bibliothécaire municipale : « Nous souhaitons valoriser ce qui se fait dans notre bibliothèque municipale, où un vrai travail de fond est fait avec les enfants autour de la lecture. Pour nous c’est un investissement sur l’avenir. C’est un choix qu’on fait d’accompagner la lecture. On l’assume, on le présente et on est transparents ».

Et de poursuivre : « Les dépenses courantes, ce sont l’électricité, l’eau, le carburant, les vêtements de travail… tout ce qui sert à fonctionner. Avec déjà 150 000 € alloués à l’électricité, depuis l’inflation de la crise énergétique qui a fait un bond en avant ».

L’énergie, un enjeu financier majeur

Parmi les charges structurantes, la question énergétique a fait l’objet d’un focus spécifique.

Vincent Olivier, conseiller municipal, a apporté des éléments chiffrés précis : «150 000€ par an, soit 18 % des dépenses de fonctionnement courant, l’énergie est un poste de dépense majeur pour les finances de la commune».

Face à ce constat, la stratégie repose sur la recherche active de financements et l’optimisation des équipements.

Il a également insisté sur la méthode adoptée, approche visant à concilier transition énergétique et maîtrise budgétaire : «Chacun de nos projets sera étudié et façonné à l’aune des subventions pouvant être captées».

Et le rappel d’un chiffre emblématique : 80 000 € sont économisés chaque année grâce à l’extinction nocturne de l’éclairage communal.

Un engagement confirmé en faveur de la vie associative

Autre priorité municipale : maintenir un soutien actif aux acteurs associatifs locaux, malgré un contexte contraint.

Georges Berteloot, conseiller municipal délégué à la Vie associative et au Sport, a détaillé cette politique, en mentionnant également le volet non financier : «Le soutien aux associations est multiple : prêt de salles, de matériel, mise à disposition des agents municipaux, soutien technique et logistique».

Il a également rappelé l’attention portée à l’équité : «Afin de garantir équité et transparence dans l’allocation des subventions, un nouveau dossier de demande est en cours d’élaboration».

En 2026, 26 000 € sont ainsi mobilisés pour soutenir la vie locale et les actions de solidarité (associations, aides aux jeunes, CCAS).

Un cap budgétaire fondé sur la prudence

La municipalité a présenté les grandes orientations budgétaires qui guideront l’année 2026, avec trois priorités :

  • Maintien des services publics locaux, malgré la contraction des recettes ;
  • Absence de nouvel emprunt en 2026 ;
  • Stabilité fiscale avec 0 % d’augmentation des taux.

Mais cette stratégie s’accompagne d’une vigilance : ces équilibres pourraient devenir difficiles à maintenir à long terme dans un contexte de ressources contraintes.

Préparer l’avenir malgré une année de transition

L’année 2026 a été présentée comme une année de transition, avec moins de grands chantiers immédiats afin de préserver la capacité d’autofinancement et de préparer les projets à venir. Avec, actuellement, la réalisation d’un travail en amont, invisible aux yeux du public : audits, réorganisation des services, recherche de financements et préparation des projets structurants de demain.

En conclusion, Jérôme Roux, premier adjoint, a présenté les perspectives et projets structurants de la commune : de la nomination future d’un Directeur des services techniques parmi les agents en poste, à la gestion active et éclairée des espaces verts, ou encore les projets urbains : « Le premier projet qui va arriver est la réfection de notre axe central. Nous travaillons actuellement avec le Département et le projet devrait se concrétiser aux alentours de la seconde partie du second semestre, avec le déplacement du feu central de l’avenue de l’Abrivado. Nous attendons le retour des études pour voir comment faire fonctionner le tout au mieux. Ensuite nous referons intégralement le bitume, les réseaux, les bords de chaussée. Avec une partie piétonne sur le côté de la rue pour mettre en sécurité les gens qui y passent à pied ».

Place du village, parking et arrêts minute, développement des commerces, agrandissement du cimetière ou encore entretien du patrimoine communal ont été également abordés à cette occasion.

Une stratégie assumée pour préserver la capacité d’investissement future de la commune : « La population est demandeuse. On reste dans le cadre, on fait des choix. Il y a une demande, on trouve des solutions. On est en gestion, il y aura toujours de la critique. Mais on réfléchit tous ensemble, et s’il y a des nouvelles idées qu’on n’a pas vues je suis disponible ».

Une démarche de transparence renouvelée

En clôture, la municipalité a donné la parole aux habitants, prolongeant l’esprit de dialogue de la réunion.

Une réunion au service de la transparence publique, loin des réseaux sociaux : «C’est vraiment important d’avoir ce genre de réunion notamment pour éviter les informations qu’on entend sur les réseaux sociaux et de pouvoir échanger directement».

Un moment d’information, mais aussi de dialogue, pour mieux comprendre les enjeux financiers qui impactent directement le quotidien de tous.

 

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